Formations organisées par l'EKAR

Formations organisées par l'EKAR

L’Ecole du kasàlà de Rimouski (EKAR) propose différents types d’activités qui vous permettent de découvrir le kasàlà contemporain (kc), pratique inspirée des littératures orales de l’Afrique subsaharienne, et d’en tirer le meilleur profit.

  • ateliers de sensibilisation
  • ateliers d’initiation et de perfectionnement
  • formations à l’animation
  • formations de formateurs/trices
  • rencontres en communautés de pratique
  • conférences

Les langues d’enseignement sont le français, l’anglais et le néerlandais, en fonction du public. Dans des cas particuliers, le kiswahili, le cilubà et le wolof sont aussi utilisés.

Les formations se donnent essentiellement en ligne. Toutefois, des formations en présentiel sont également possibles en différents lieux en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord.

Consultez le calendrier des activités de 2022-2023 (Programmation EKAR 2022-2023). Les heures y sont indiquées en fonction du fuseau horaire (FH) québécois (UTC-4) et le coût en dollars canadiens (CAD).

Pour des raisons de fiscalité et pour toutes les formations données dans le cadre de l’EKAR, tous les paiements s’effectuent en CAD et sont versés sur le compte en banque de l’EKAR, qui rémunère ensuite ses animateur.trice.s et formateur.trice.s.

Inscription et renseignements, prendre contact avec Andrée Déry (dery.andree@gmail.com) ou Annick Hernandez (hernandez.annick@gmail.com)

Téléphone : +1 418 7304602

1. Sensibilisation enfants, SE (1 à 3 heures)
Des ateliers de sensibilisation au kasàlà sont proposés au public adulte et d’autres sont proposés aux enfants.
Aux enfants d’école primaire ou du préscolaire, la sensibilisation se fait essentiellement à travers le kasàlà-conte.
Les buts poursuivis à ce niveau sont les suivants :

  • Se nommer et nommer les autres, en élaborant avec des adjectifs ou des syntagmes démonstratifs du type « Celle qui aime aider les autres » ou « Celui qui parle avec les animaux » ;
  • Se situer dans leur famille et dans leur environnement ;
  • S’ouvrir à la diversité ;
  • Créer dans la joie.

À ce niveau, les enfants réussissent à composer, oralement ou par écrit selon le niveau et l’âge, un mini-kasàlà ou un kasàlà, qu’ils récitent, debout, devant leurs camarades.
Selon le cycle et l’âge, la durée de ces ateliers varie entre 1 et 3 heures. Le cas échéant, on organise d’autres séances de même durée.

2. Sensibilisation jeunes et adultes, SA (1 à 2 heures)
La sensibilisation pour jeunes et adultes se fait souvent sous forme de conférences. Sur demande ou sur initiative de l’EKAR, les praticien.ne.s du kasàlà proposent des conférences de sensibilisation qui permettent au public de découvrir l’histoire du kc et les possibilités qu’il offre sur le plan communautaire et individuel. Au cours d’une conférence, les participants sont souvent invités à créer quelques noms de force pour eux-mêmes ou pour d’autres personnes. Ces conférences préparent généralement à la participation à un atelier d’initiation.

1. Niveau de base (NB): de 1 à 4 demi-journées (une 1/2 journée = 1 à 4 h)
Durant cet atelier, nous serons immergés dans l’univers du kasàlà. Cette pratique poétique de la joie s’écrit, s’énonce, s’écoute, se goûte, elle se vit. Elle permet de faire une expérience transformatrice qui nous propulse sur notre chemin. Elle mène vers un lieu situé à la fois au-dedans et au-dehors de soi, de l’autre, de la vérité qui les habite et qui nous transcende tous. C’est l’art de célébrer la vie, que ce soit simplement pour commencer notre journée ou pour célébrer un anniversaire. C’est aussi la ritualisation des grandes transitions de la vie (naissance, graduation, deuil, etc.). L’on honore le passé, le présent et l’on s’ouvre à ce qui vient. Dans l’atelier, nous expérimenterons, entre autres, le kasàlà de l’autre et le kasàlà de soi. Nous apprendrons non seulement à écrire le poème, mais aussi à le réciter de manière à ressentir les vibrations de nos voix dans le corps et de favoriser des résonnances chez les autres. Les participant.e.s s’approcheront d’elles- et d’eux-mêmes, des autres. L’atelier d’initiation est destiné à tous. On y apprend à devenir praticien.ne du kasàlà. Les aspects suivants, entre autres, seront présentés :

  1. Écoute et lecture de kasàlàs
  2. Le kasàlà comme vision du monde
  3. Le contenu et la visée du kasàlà à travers : le rapport à l’autre, le rapport à soi, le rapport au monde et à la nature
  4. L’ubuntu comme philosophie sous-tend le kasàlà
  5. Qu’entend-on par célébration, émerveillement, gratitude
  6. Ingrédients du kasàlà
  7. Le nom de force
  8. Figures de style élémentaires (métaphore, hyperbole, parataxe, ellipse, humour…)
  9. Structure élémentaire d’un kasàlà
  10. Les types de kasàlà
  11. Le kasàlà comme pratique rituelle et cérémonielle
  12. Rythme
  13. Échange sur l’expérience vécue
  14. Création spontanée sur scène
  15. Création au moment de la parole
  16. Écho
  17. Kasàlà boomerang
  18. Kasàlà collectif (réalisé par l’ensemble des participants)
  19. Exercices (écriture de kasàlàs : kasàlà de l’autre et kasàlà de soi ; kasàlà de la nature, d’un concept…)
  20. Exercices d’écriture et de proclamation

 

2. Niveau avancé (NA) : ateliers thématiques, en 4 demi-journées

  • Les ateliers de perfectionnement sont destinés prioritairement aux personnes ayant suivi l’atelier NB. Ces ateliers sont animés par toute personne certifiée.
  • On y enrichit ses connaissances théoriques et sa pratique du kasàlà. Pour ce faire, on explore et expérimente des thématiques particulières, choisies parmi les suivantes :

 

  1. Le discours intime
  2. Des aspects techniques sur la proclamation
  3. Kasàlà de longue haleine
  4. Aspects du kasàlà traditionnel
  5. L’autodérision
  6. Kasàlà de l’ennemi
  7. Kasàlà de la colère vitale (généralement kasàlà politique). Ex. BLM
  8. Figures de style avancées
  9. Kasàlà-bilan
  10. Kasàlà mosaïque
  11. Inscription dans la lignée, le territoire, l’environnement (ex. Kasàlà de Rimouski) et l’histoire
  12. Contrainte (typographique, rythmique…)
  13. Technique de proclamation
  14. Kasàlà et mouvement
  15. Exercices d’écriture
  16. Kasàlà enchaîné

Le Laboratoire est un espace d’expérimentation et d’entraînement accessible à tous.

  • On s’y exerce à l’improvisation, à la création spontanée et autres manières de faire.
  • On y explore aussi des genres traditionnels tels que l’akö du Bénin, le kasàlà du fœtus au Burkina Faso, la mise en scène de textes, les apprentis y font des exposés sur divers sujets.
  • Voir tableau dans l’Agenda pour les exposés prévus pour 2021.

Ce module particulier permet de se familiariser avec le kasàlà qui accompagne les transitions de la vie (naissance, mariage, anniversaire, départ à la retraite, anniversaires spéciaux, décès…) et dont la création suppose un investissement considérable en termes d’énergie et de temps. Il faut parfois se documenter, pour mieux entrer dans l’univers de la personne célébrer. Il s’agit, dans tous les cas, de faire preuve d’une grande ouverture d’esprit. Quand cela est possible, il n’y a rien de tel que d’entendre et même de voir les gens parler de la personne sur qui on veut faire un kasàlà.

L’accent sera mis cependant sur le kasàlà de deuil, en raison du rôle crucial que joue la mort dans chacune de nos vies. Quand on ne connaît pas la personne concernée, le kasàlà de longue durée suppose généralement une enquête préalable auprès de la famille et d’amis de la personne. De plus, et ceci est valable qu’on connaisse la personne ou non, il faut faire une recherche d’informations – et Internet est précieux pour cela ! – permettant de situer la personne aussi bien dans l’histoire que dans son territoire et parfois même sur le plan philosophique. Dans la masse d’informations qu’on peut réunir, tout l’art est de trouver les plus pertinentes et de les utiliser pour honorer la personne. Pour créer un kasàlà intéressant, qui non seulement honore la personne défunte, mais réconforte aussi et célèbre les survivants, il s’agit de trouver les mots justes, susceptibles d’émouvoir, de donner de l’espoir. Il s’agit, somme toutes, de proclamer la victoire de la vie sur la mort, de sorte que, à l’issue du rituel de deuil, chacun reparte inondé de vie, renforcé.
Le module KLH dure 32 heures réparties en 8 rencontres de 4 heures. Toute la formation peut prendre de 6 à 8 semaines.

Contenu :

  • La personne comme valeur fondamentale de l’ubuntu
  • Conception de la mort dans différentes cultures (Occident, Orient, Autochtones, Afrique…)
  • Conception de la mort dans le christianisme, l’islam, l’hindouisme…
  • Se mettre à l’écart pour mieux percevoir l’autre
  • Analyse de kasàlàs de longue durée
  • Traitement des données
  • Le questionnaire
  • Kasàlà collectif
  • Signature (naturellement très discrète dans le kasàlà de deuil !)
  • Le kasàlà de deuil comme biographie poétique, comme kasàlà-bilan, mais toujours positif, quoique réaliste (En aucun cas, ce ne sera pas un jugement, celui-ci étant réservé au Bon Dieu !)
  • Traitement de la biographie (carrière, etc.)
  • Particularités des kasàlàs de : naissance, anniversaire, mariage, deuil, retraite, deuil…
  • Commémoration de x années d’une institution

 

Méthodologie (alternance de la théorie et de la pratique) :

  • Réflexion accompagnée sur les moments-clés et les phases de la vie
  • Écoute d’exemples illustratifs de ce type de kasàlà
  • Indications sur le processus de création : collecte et gestion des données, structure du k (accueil, développement, finale)
  • Partage des travaux préparatifs et des créations intermédiaires
  • A la fin, proclamation par chacun de son kasàlà
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Les formations font l’objet d’une certification de l’EKAR. Elles comportent deux degrés :

1° Formation en vue d’animer des ateliers de sensibilisation (SJ et SA) et d’initiation (IK)

2° Formation en vue de former des animatrices et animateurs d’ateliers SJ, SA et IK

La détentrice ou le détenteur d’une certification acquiert le droit : 1° d’enseigner le kasàlà en ligne ou en présentiel, 2° d’adhérer à Kasàlaction.

  1. Au premier degré, 3 volets sont proposés (niveaux AB, AI et AA) d’une durée totale de 91 heures. Elles préparent le futur praticien ou la future praticienne certifié.e à acquérir les compétences détaillées dans la grille ci-dessous.
  2. Cette formation inclut un stage d’une durée équivalente à au moins 3 ateliers d’initiation (soit 48h) et au moins 2 ateliers d’animation (soit 84h), auprès de JK ou d’une autre personne certifiée. Le stage comporte les activités détaillées dans la grille ci-dessous.
    Si l’ordre d’ancienneté intervient dans certains cas – à préciser –, il n’intervient pas dans l’attribution des stages aux apprenti.e.s
  3. Il est attendu de l’animateur.trice certifié.e de faire du service à la communauté, d’être créatif.ve et, notamment, de :
    1. Pouvoir faire de la sensibilisation au kasàlà à travers le kasàlà-conte pour les jeunes ou des conférences pour les adultes
    2. Accueillir des stagiaires dans ses ateliers de sensibilisation ou d’initiation des apprenti.e.s en voie de certification
    3. Pratiquer le kasàlà en contexte cérémoniel et rituel (vie, naissance, mariage, deuil…)
    4. Pouvoir accompagner des personnes souhaitant écrire un kasàlà simple
    5. Diffuser la pratique du kasàlà
  4. Au deuxième degré, constitué du niveau FF, les détenteur.trice.s d’une certification de 1er degré apprennent à animer des ateliers pour futur.e.s animateur.trice.s
  5. Au sein de l’EKAR, aucune intervention dans un atelier, par un.e. apprenti.e, ne donne lieu à des honoraires. Les intervenant.e.s extérieur.e.s, invité.e.s occasionnellement, perçoivent, quant à elles/eux, 50 $ par heure, prélevés sur les frais d’inscription.

CERTIFICATION PREMIER DEGRÉ :

  1. Animation – Niveau de base, AB (42 h)
    • Retour sur les notions fondamentales : formule du kasàlà contemporain
    • Notions de philosophie africaine : conception de la personne et du monde (mythologie, épopée, ubuntu, animisme…)
    • Techniques d’animation
    • Exercices d’animation
  2. Animation – Niveau intermédiaire, AI (28 h)
    • Éléments de traditions orales (devise, parémie, mythe, épopée, symbole…), Kabuta 2003, épitaphe, exercices d’animation, etc.
    • De la corde à proverbes à la corde à kasàlàs
    • De la poésie à l’action
    • La confiance en soi et l’estime de soi
    • Du panégyrique traditionnel au kasàlà contemporain
  3. Animation – Niveau avancé, AA (21 h)
    • Orientation polyvalente (OP) :
      Pratiques symboliques et poétiques, énonciation, lecture de Jung et la question du sacré, Misrahi et la joie, Kabuta 2010, autobiographie poétique, kasàlà complexe, animation en milieu scolaire, kasàlà-conte, de la corde à proverbes à la corde à kasàlàs, exercices d’animation, etc.
    • Orientation jeunesse (OJ) :
      Cette orientation s’adresse aux personnes désireuses de se spécialiser dans l’animation d’atelier pour la jeunesse. L’accent y est mis sur le conte, la mise en scène, le jeu. La corde à proverbes. Aspects de la psychologie de l’enfant. Stage.

CERTIFICATION DEUXIÈME DEGRÉ :

  1. Formation de formateurs/trices, FF (42 heures)
    La formation de formateurs est le stade ultime de nos formations, celui où l’on apprend à d’autres à devenir des animateurs/trices. On attend du formateur ou de la formatrice d’incarner son enseignement et de faire de l’art d’être humain une posture de vie. C’est l’horizon vers lequel, sans cesse, le kasàlà nous invite à marcher.
    • Déployer son propre style, son propre génie, sa singularité
    • Développer la flexibilité, la créativité, l’ouverture, le décentrage, l’autonomie…
    • Se familiariser avec une démarche symbolique et poétique
    • Cultiver la générosité, l’hospitalité, la fraternité, le vivre-ensemble… Autrement dit, s’efforcer de mettre l’ubuntu en pratique au sein de la communauté Kasàlà et ailleurs
    • Vivre ou s’efforcer de vivre dans la pratique de la joie
    • Savoir se mettre à l’écart, pour laisser passer l’Autre
    • Savoir s’arrêter, pour que votre âme vous rejoigne
    • Faire de chez soi un ibuntu (lieu où se déploie l’AEH)